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“ Le rêve, c'est la réalité. ” - samedi 10 septembre 2011 08:04

Création : 17/05/2011 à 12:08 Mise à jour : 06/04/2012 à 04:22

★ Coeur d'ange étoilé ★


-> Journal de bord d'une internaute, crée en Mai 2010, pour le cours de Fac de Paris VIII : "Les saints et démons du théâtre" de B. Kopec, et ayant pour théme : le rêve.


* Je suis une jeune fille rêveuse et sensible, je suis née quelque part dans une autre galaxie. Vous allez sûrement me demander si je redescend parfois sur terre ?...Je ne sais pas. (A vous de me le dire. ^^ ) Je n'aime pas être comme tout le monde, je n'aime pas les hypocrites, les machos et la violence sous toutes ses formes. J'aime la liberté et je suis assez subversive. J'aime le théâtre (je rêve de devenir comédienne), la musique, la danse, le cinéma, l'écriture, le monde des vampires, le chocolat, les pâtes, parler italien, voyager, l'Impératrice Sissi, l'Autriche, l'Italie, le romantisme, le 19 ème siècle, m'amuser, rêver, faire partager mes passions. J'ai un esprit très ouvert, j'adore faire de nouvelles rencontres, apprendre des nouvelles choses.




"Le rêve est le gardien du sommeil." [Sigmund Freud]




"Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve..."
[Antoine de Saint Exupéry]




"Nos rêves, c'est le premier signal de quelque chose qu'on a à l'intérieur de nous et qui est très important pour l'avenir" [L'artiste Mikelangelo Loconte]


Bienvenue à tous !

 
 
Bienvenue à tous !
 
 
Les étoiles sont symboles de l'esprit, du conflit entre les forces spirituelles et les forces matérielles, entre les forces de lumière et les forces des ténèbres. Perçant l'obscurité, elles sont des phares projetés sur la nuit de l'inconscient.
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#Posté le jeudi 14 juillet 2011 06:00

Modifié le samedi 15 octobre 2011 11:21

L'Homme a-t-il vraiment besoin de l'art?

« Voir avec des yeux de peintre, c'est voir mieux que le commun des mortels » selon Bergson. « L'homme a-t-il besoin de l'art ? ». Dans cette question le terme homme signifie que l'homme est un être vivant appartenant à l'espèce animale la plus évoluée de la Terre.
C'est un mammifère de la famille des hominiens, il est caractérisé par une intelligence développée. C'est un « animal politique », selon Aristote. Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon et le juste, que la nature l'aurait pourvu de langage. Le terme besoin signifie ce qui est nécessaire à l'existence, à la conversation ou au développement de l'être vivant. En dehors des besoins strictement vitaux (manger, dormir,...), on peut identifier chez l'homme des besoins spirituels et moraux (être reconnu, aimer,..) dont semble dépendre son épanouissement. Et le terme art signifie au sens ancien tout savoir faire humain, toute pratique produisant un résultat non naturel et au sens esthétique, c'est une production ou un création d'œuvres destinées à plaire c'est-à-dire à susciter par leur aspect, une appréciation positive. L'art est-il vraiment quelque chose de fondamental pour la vie d'un homme ? L'homme peut-il vivre sans l'art ? A-t-il autant de besoins que les animaux ? Tout d'abord, c'est l'art qui fait de la société, une société humaine car l'art est un besoin pour l'homme. Or l'art est inutile, puisque c'est une occupation superflue. Mais si le seul but de l'homme est de combler des besoins naturels, des choses le différencie de l'animal.
 
Dans une société, dès qu'il y des hommes, il y a de l'art. Tout d'abord, l'art se décline sous différents aspects tels les objets techniques qui sont utiles et qui ont une fonction matérielle. L'objet technique est avant tout un instrument, un moyen qui sert à satisfaire nos besoins. Et l'oeuvre d'art est l'autre forme de l'art, l'œuvre n'a pas de fonction matérielle prédéterminée contrairement à l'objet technique pour lequel nous savons d'avance à quoi il va servir. Cela ne veut pas dire que l'œuvre d'art n'a pas d'intérêt ou de finalité. Au contraire, l'œuvre est une chose unique ou encore originale. C'est pourquoi nous la contemplons, la regardons ou l'écoutons, elle nous permet d'éveiller notre imagination, de nous faire réfléchir et de nous donner du plaisir. Les œuvres, comme des choses sont transportables, stockables, plus ou moins périssables, éventuellement commercialisables. Dans notre société, l'activité artistique est l'une des toutes premières manifestations de la culture humaine. Toute personne de nos jours, dès qu'elle a du temps à perdre ou lors d'une réunion gribouille au coin d'une feuille, ceci est un aspect de l'art que nous côtoyions au quotidien sans s'en rendre compte. Mais l'art n'est pas apparut seulement maintenant mais bien au temps de nos ancêtres. Dans les grottes préhistoriques, nous retrouvons avec émotion les premières traces humaines des témoignages artistiques de nos ancêtres. Tel que dans la grotte de Lascaux qui se situe en France où les hominiens utilisaient toutes sortes de matières (du sang, des fruits écrasés,..) et de matériaux (les mains, des poils de bêtes,...) pour représenter sur les murs de leur habitat des scènes de chasse, de leur vie quotidienne mais aussi des animaux, comme les taureaux qui sont les motifs pariétaux les plus imposants de l'art paléolithique. En faisant cela, ces hommes ont prouvé qu'ils avaient une envie, celle de s'exprimer, de montrer la réalité de leur vie à travers des dessins qui sont bel et bien de l'art. Sans le savoir ces hommes en décorant leur habitat créaient des œuvres d'arts qui suscitent encore l'intérêt des visiteurs, qui de nos jours n'hésitent pas à faire des kilomètres pour aller voir ces merveilles. L'homme en réalisant de telles oeuvres a fait avancer la société puisque l'art évolue au fil du temps. Donc comment imaginer alors que l'homme n'a pas besoin de l'art, quand toute l'histoire de l'aventure humaine atteste sa présence. Cependant, une société sans art serait inhumaine.
 
 
Sans activité artistique, créatrice, sous quelque forme que soit la société serait inhumaine. Par exemple dans un pays en guerre, pour les personnes y résidant le seul moyen de se libérer, de rêver est de contempler ou d'écouter une œuvre vu la situation qui se déroule autour d'eux. Sans ces moyens d'évasion, la société serait vu par ces personnes comme inhumaine car aucun autre moyen tels que les œuvres ne pourrait leur procurer autant de satisfaction. Si l'art n'existait pas, certaine personne n'arriverait pas à s'exprimer et se renfermerait sur elle même. Par exemple l'artiste est généralement qualifié de doux rêveur, d'une personne asociale voire marginale. Certain homme ne veulent pas se mélanger avec de telle personne c'est pourquoi au lieu d'être seule, exclu socialement, grâce à l'art l'artiste peut s'évader et s'exprimer comme bon lui semble en réalisant une œuvre tel un tableau. Certaine création nous permette de voir la réalité de la société parce que nous n'avons pas accès directement à la réalité qui nous entoure. Les médias nous montrent juste ce qu'ils veulent et nous détourne sincèrement de celle ci. C'est pourquoi nous avons réellement besoin de l'art, il permet même à l'homme de s'humaniser. Selon Bergson, nous n'avons pas directement accès à cette réalité telle qu'elle est. L'artiste verrait mieux la réalité que nous car le voile qui sépare notre conscience et la réalité est plus transparent pour lui. Cette thèse de Bergson est étonnante car ce n'est pas ce que nous disons habituellement de l'art et de l'artiste : nous disons plutôt que l'art détourne de la réalité par l'imagination et la fiction. Parce que le voile est fait de toutes les exigences de notre vie quotidienne et pratique. Pour le commun des hommes, c'est cette vie pratique qui les empêche de voir la réalité car ils sont tournés vers l'action. Au contraire, l'artiste est moins tourné vers l'action et c'est pour cela qu'il a d'avantage accès à celle-ci. Donc l'art est le médiateur nécessaire pour lever ce voile. Ce qui prouve que l'art est essentiel aux hommes, sans lui ils seraient privés de divertissement de toute sorte. Et l'art n'apparaît donc pas comme un luxe pour la société, mais comme son essence qui la fait avancer. Cependant, l'art semble être un besoin pour l'homme.
 
L'homme a besoin de l'art au quotidien et dans toutes les circonstances. L'art se définit sous différentes formes tel l'habilité, soit l'art du jongleur. Savoir jongler n'est pas inné, ceci s'apprend avec des règles. Mais réaliser un numéro de jonglage dans un cirque est un art qui fascine et qui fait rêver les spectateurs. Il y a aussi l'aptitude spécifique qui correspond à l'art de séduction. Nous ne pouvons pas nous improviser comme séducteur comme bon nous semble, mais cela s'apprend avec toutes sortes de techniques qui permettront à la personne de séduire une autre. La séduction, dans les contes de Maupassant est une sorte de jeux qui ressemble à de l'art car la personne séduite rentre dans un univers de rêverie. L'autre forme de l'art est celle de toutes les productions d'origine humaine. L'homme a besoin de contempler, d'écouter des œuvres pour l'aider à réfléchir, éveiller son imagination, s'enfuir du monde qui l'entoure, se donner du plaisir, voir la réalité,... Nous prêtons à l'œuvre d'art un caractère unique parce qu'il y aura toujours pour nous une différence entre l'original d'une œuvre et ses copies. Par définition, l'œuvre d'art est une chose. Mais une chose selon Heidegger est comme une matière qu'a reçu l'empreinte d'une forme, qui semble convenir parfaitement à l'œuvre d'art. Selon Aristote, c'est de l'outil que nous vient la notion de la chose comme matière informée. C'est pourquoi, dans l'usage le matériau est oublié. Quand un outil fonctionne, il laisse disparaître la matière dont il est fait. Seul apparaît l'usage. Si nous regardons le tableau de Van Gogh représentant une paire de souliers, nous ne pouvons évidemment rien en faire. Mais le tableau nous montre selon Heidegger, la relation de ces souliers au travail de la terre qui les a usés et déformés. Ces souliers usés évoquent le lien obscur avec la terre et le dur monde du paysan qui les a porté. L'œuvre d'art ne présente donc pas ici simplement de façon réaliste et imitative une matière et une forme, une chose enfermée dans son usage, mais la vérité implicite d'une chose, que son usage ordinaire cache. Cette personne est physiquement absente du tableau mais nous l'imaginons et de sa condition de travailleuse est celle de tout homme. L'œuvre d'art nous montre donc ici une vérité située dans le temps et dans l'espace qui est à chaque fois celle d'un monde et d'une terre déterminés.
 
 
L'art n'apporte rien à l'homme, il ne sert à rien. L'art ne semble pas exister dans la nature c'est une pure création de l'esprit humaine. Même si parfois les hommes admirent une ruche produite par les abeilles, ceci n'est pas de l'art car l'abeille construit par instinct. Certain artiste, à travers leur œuvre d'art copie la réalité or ce que l'art produit est toujours inférieur à ce que la nature a produit. Autrement dit la copie serait toujours inférieure au modèle c'est pourquoi l'art est inutile. Il produit des illusions en imitant la réalité c'est-à-dire, il s'éloigne de celle ci. En quelque sorte, l'art est privé de sa liberté dans la mesure ou il est dépendant de son modèle. Planton, condamne cet art de l'illusion : si l'art produit de belles apparences trompeuses,il est moralement condamnable et les artistes doivent être chassés de la cité, »car ces poètes ne créent que des fantômes et non des choses réelles ». L'art ne doit pas représenter la réalité telle qu'elle est, mais l'idéaliser pour élever l'âme vers la contemplation des idées, l'art doit conduire à la vérité et non à l'illusion. Plus le monde est inquiètent, plus l'art est monstrueux, étrange. Si, sous l'effet de la technique, notre monde est devenu un non monde, rien d'étonnant à ce que l'art aujourd'hui se change en anti art. Selon Hegel, l'art est pour nous quelque chose de passé. Puisque l'art ne donne pas accès à la réalité mais fait rentrer l'homme dans un monde de fiction et de rêverie qui est loin de la réalité qui nous entoure. C'est-à-dire l'art donne des illusions aux hommes, ils seront forcément déçus quand ils s'apercevront que ce qu'ils ont contemplé n'était que mensonge. Il ne semble pas être intéressant pour les hommes de contempler une œuvre pendant des heures et des heures parce que pour la plus part de celles ci elles n'évoquent rien aux hommes c'est pourquoi, l'art est inutile. De plus, l'art n'est que divertissement.
 
L'art ne convient pas à toutes les personnes puisque la beauté traduit le sentiment de plaisir que nous avons à contempler une chose. Or une chose n'est pas belle ou laide en soi, mais dépend de notre sensibilité. Une chose est belle pour nous, relativement à notre goût mais de toute façon les goûts et les couleurs ne se discutent pas. La beauté n'est plus une vérité, mais un sentiment subjectif et relatif, à chaque individu, à chaque époque ou à chaque culture. Par exemple : un européen apprécie peu le musique chinoise. Selon Kant, lorsque nous jugeons un objet beau, nous nous intéressons à sa forme pure, indépendamment du contenu matériel, voire même de l'existence de cet objet. Le beau et le sublime sont deux sortes de jugement qui n'ont pas tout à fait le même sens selon Kant. Quand on dire d'une mer ou d'un océan en tempête que c'est sublime on a aussi un sentiment de peu ou de mystère. Puisque c'est inhabituel et l'homme se sent petit devant un spectacle du sublime. De plus, tous les hommes n'ont pas accès à l'art, celui-ci est devenu un luxe. Le fait de vouloir posséder une œuvre demande un grand et lourd investissement puisqu'une œuvre d'art est généralement unique et l'homme ne cherche pas à avoir une copie. Et le fait d'aller dans un musé est aussi un investissement et des heures d'attente pour contempler une seule et unique œuvre comme le tableau de la Joconde qui suscite beaucoup d'intérêt auprès des touristes. C'est pourquoi pour certaine personne l'art est inutile et ne fait pas partit de leurs mœurs.
 
L'homme crée des choses et non l'animal. Ce qui est utile vise à satisfaire un besoin vital. Boire, manger, respirer, sont des besoins naturels primaires nécessaires à la vie. Jusqu'ici il n'y a pas de différence entre l'homme et l'animal. Mais l'homme a des besoins naturels à combler pour vivre, l'art pourrait lui procurer cette raison de vivre. Et puis l'homme étant un être doué de raison et de langage, il s'éloignera de l'animal, il développera le confort, le bien-être, les techniques. Il produira ce que la nature ne produit pas. Il a en plus l'instinct de survie, une capacité à ajouter du plaisir à ce qu'il fait, à ce qu'il produit. L'animal ne peut pas créer des œuvres d'arts même si nous pouvons contempler l'art des castors qui réalisent leur barrage ou bien des abeilles qui construisent une ruche mais c'est par analogie avec les œuvres humaines, car l'abeille construit par instinct, alors que l'homme, l'architecte a une représentation anticipée de son œuvre dans son esprit. Dessiner les plans d'une maison, demande beaucoup de travail et de temps. Tout doit être précis, aucun calcul ne doit être faut sinon les ouvriers qui la réaliseront devront recommencer et ceci est inimaginable. Kant soutient que seul l'homme crée par liberté « tout art est une disposition accompagnée de raison, tournée vers la création ». Après une journée de travail, pour certaine personne le seul moyen de s'évader et de faire abstraction du reste est de créer une œuvre d'art, de faire une création quelque en soit la nature : faire des bijoux en perles ou un tableau où la personne pourra s'exprimer librement : son humeur, le ressenti et l'atmosphère de sa journée se reflètera sur la toile par exemple au vu des couleurs qu'elle utilisera. D'autre au contraire ne créeront pas quelque chose mais utiliseront une œuvre produite par un artiste tel la musique. Elle permet à l'homme de s'identifier dans des chansons, de rêver,... l'homme à la possibilité de choisir le genre de chanson qu'il veut écouter la diversité des styles qu'il y a de nos jours qui va du classique à la techno. Savoir chanter n'est pas donné à tout le monde c'est un don que seul l'homme possède et qu'il doit travailler pour se perfectionner. Chanter pour lui est un plaisir qu'il transmet aux autres hommes. Les oiseaux chantent aussi mais eux c'est aussi pour leur survie et pour séduire d'autres oiseaux. L'homme se différencie bien de l'animal car l'animal accomplit des missions pour sa propre survie alors que pour l'homme c'est un moyen pour se divertir. Mais l'art est aussi propre à l'homme.
 
En effet, l'art est en quête de perfection que seul l'homme poursuit. L'homme à travers l'art recherche la perfection mais sans jamais l'atteindre autrement dit il progresse toujours. L'éducation a permis la transformation interne de l'homme puisque dès son enfance il a été éduqué à l'art. L'homme est donc en opposition avec l'animal. Dès l'antiquité, l'artiste est présenté comme un messager des dieux. La théorie du poète inspiré se trouve déjà dans une œuvre de Platon. Le romantisme, dès la fin du XVIIIe siècle, reprend cette idée en faisant de l'artiste un génie : le modèle en est Mozart. Le génie crée des chefs œuvres, mais sans savoir comment, sans pouvoir l'expliquer. On naît génial, c'est un don, que nous ne pouvons pas apprendre. « Par le génie, la nature donne ses règles à l'art » selon Kant. Même si l'homme ne peut pas se contenter d'un monde brut, il lui faut ajouter de la beauté à l'environnement qui l'entoure. C'est pourquoi l'art est ainsi un ordre autre que celui de la nature pour l'homme. Et a une fonction anthropologique essentielle sur l'homme parce qu'il l'initie au jeu, il l'émancipe et lui permet le dépassement de soi, il l'aide à vivre avec ses imperfections, sa finitude et sa condition de mortel. L'art reflète aussi selon Marx, la situation socioéconomique de son temps. Et il permet donc une connaissance non seulement de l'homme mais de la réalité.
 
L'homme a besoin de l'art. L'art est le signe d'un homme à un autre. Il permet de modifier, de sublimer, de donner du sens, d'imprimer à la nature, à l'univers, la seule trace humaine. Il permet de comprendre qu'on peut parfois la fulgurance du temps et de la mort par quelques notes, par quelques mots, par quelques touches sur un tableau. L'œuvre d'art nous aide à développer notre humanité, notre lien avec les morts et les vivants. Même dans les camps de la mort, l'art vivait. Car il y a toujours un homme pour essayer de dépasser l'inhumain, toujours un poète selon Hölderlin qui essaie d'habiter poétiquement le monde. L'homme a essentiellement besoin de l'art, car s'il est parfois presque sans ressources, il reste pourtant le souffle vital qui porte l'humanité et qui nous aide à patienter. Sans l'art, comment pourrions nous nous divertir ?
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#Posté le samedi 11 juin 2011 05:32

Qu'est ce que la tragédie ?

I.La tragédie antique

1)Le contexte
Dans le cadre de la démarche humaniste, les œuvres de l'Antiquité sont valorisées et traduites : au premier rang des auteurs anciens auxquels on s'intéresse on trouve les tragiques grecs comme Eschyle ou Sophocle ainsi que le latin Sénèque le Jeune. L'esthétique de l'imitation des Anciens, ou si l'on veut la revendication de réécriture chère aux poètes de la Pléiade, crée une émulation favorable à l'éclosion de nouveaux dramaturges.D'autres facteurs s'ajoutent pour favoriser la réinvention de la tragédie antique, comme le désir de modernité et la prise de distance avec les sujets religieux hérités du Moyen Âge ou la réflexion nouvelle autour des règles d'Aristote. La fin du XVIe siècle voit aussi revenir peu à peu la paix civile qu'accompagne le déclin des sujets politiques du temps des guerres de religion.

2)Les auteurs
Le précurseur est Etienne Jodelle qui écrit la première tragédie en langue française et en alexandrins, avec Cléopâtre captive en 1552 ou encore Didon se sacrifiant, avant de connaître disgrâce et misère.Robert Garnier (1544-1590) laissera lui aussi des œuvres à la manière antique : Hippolyte ou Antigone (1580) et surtout Les Juives (1583), dont le sujet vient de l'Antiquité biblique mais dont l'esthétique est bien dans l'esprit d'Aristote. Il inventera également la tragédie à fin heureuse — la tragicomédie — avec Bradamante en 1582.Dans le même courant, on trouve les méconnus Antoine de Montchrestien (1575?-1621) ou encore Alexandre Hardy (1572?-1632?), auteur prolifique dont on peut citer quelques titres évocateurs de leur sujet antique comme Didon ou Lucrèce ou encore Jean Mairet (1604-1686). Autant de créateurs qui assurent la transition avec le jeune Pierre Corneille (1606-1684), dont la première tragédie, Médée, date de 1635.Les grandes œuvres du XVIIe siècle ne sont pas nées de rien... et l'expression « tragédie antique », si elle est maladroite et prête à confusion, rend quand même compte de cet esprit précurseur qui a animé un moment de la littérature française.II.La tragédie classique

1)HistoriqueDans l'antiquité, la tragédie est liée au culte du dieu Dionysos. Les tragédiens les plus connus de nos jours sont les dramaturges grecs Sophocle et Euripide. Du premier, seules sept pièces en tout sur les 123 drames composés nous sont parvenues, dont les plus célèbres sont Œdipe roi, Antigone ou Électre. Euripide continue quant à lui d'être lu à travers les tragédies Alceste, Médée, Hippolyte, Andromaque, etc. Euripide est quelque peu oublié, au profit de ceux qui l'ont beaucoup imités, les tragédiens classique français du XVIIe siècle. En effet, au XVIIe siècle, les Racine, Corneille etc... admirent tant ces auteurs, pour leur durabilité et l'universalité de leur analyse psychologique notamment qu'ils écrivent eux-mêmes des tragédies semblables dans une langue poétique et majestueuse, décrivant une action simple et noble, suivant rigoureusement les codes rédigés par les doctes à la suite de la querelle du Cid. Au XVIIIe siècle, la tragédie est "passé de mode" car elle ne permet pas, sous sa forme la plus rigoureuse, la critique et la divulgation des idées des lumières. Mais Voltaire reste un grand admirateur de la tragédie classique et de Racine, à tel point qu'il considérait ses propres tragédies (Œdipe, Brutus, Zaïre, Mahomet, Mérope ) comme la seule partie importante de son œuvre.
La tragédie est, au XIXe siècle, contestée par les romantiques, particulièrement dans le manifeste du mouvement : la préface de Cromwell publié en 1827 où Hugo ridiculise les règles classiques, en prenant comme exemple Cinna de Corneille. La tragédie est donc totalement oubliée tout au long du siècle, et à l'aube du XXe siècle, elle a totalement disparue.2)Les impératifs de la tragédie
A la suite de la querelle du Cid, la tragédie classique est codifiée par les doctes. Le but principal de la tragédie classique était de faire naître, chez le spectateur, l'impression d'être "le témoin privilégié d'une aventure authentique et tragique". Ces règles, ce que l'on appellerait aujourd'hui dramaturgie, sont, pour la plupart inspirée de la Poétique d'Aristote.Les personnages sont obligatoirement illustres ou au statut social élevé. Tout ce qui les caractérise découle de cette appartenance (langue soutenue, sentiments, comportements)...L'action doit se situer dans le passé, l'antiquité grecque et latine est préférée.Les trois heures et demie environ du spectacle sont impérativement divisée en cinq actes.La tragédie doit être écrite en vers. L'alexandrin est le mètre noble.La tragédie obéit à la règle des trois unités.La tragédie doit également respecter les règles de la bienséance c'est-à-dire pas de meurtre sur scène et les règles de vraisemblance ce qui veut dire que la fin doit être vraisemblable.
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#Posté le mardi 17 mai 2011 12:20

Les règles de la tragédie.

I - Les règles de la tragédie classique 

A) Définition de la tragédie La tragédie est issue de l'Antiquité et connaît son apogée au XVIIe siècle, soit en pleine période de classicisme, sous le règne de Louis XIV. Dès lors, Nicolas Boileau énonce au travers de son ouvrage "Art Poétique" la règle des trois unités (temps, lieu, action), de la bienséance et de la vraisemblance, représentant une codification stricte du théâtre tragique sous le règne de Louis XIV. La tragédie classique, codifiée, apparaît dès les années 1630 avec Pierre Corneille, puis est reprise par la suite par Jean Racine qui devient le principal représentant du genre. La tragédie met en scène des personnages nobles et héroïques comme les rois, les princes ou les soldats. Ils sont le plus souvent issus de l'Histoire ou de la mythologie grecque, et s'expriment avec noblesse et grandeur conformément à leur rang. Pourtant, ces personnages sont victimes de la fatalité (Devoir politique ou familial, vengeance des dieux, malédiction...) contre laquelle ils se débattent en vain. Cela entraîne inévitablement à susciter à la fois l'admiration des spectateurs devant leur courage et leur sens du devoir, mais aussi à les plaindre pour la fatalité dont ils sont victimes. 

B) Enonciation des règles du classicisme La règle des trois unités : temps, lieu, actionToute pièce de théâtre doit présenter une histoire qui se déroule en une seule journée (24 h) : c'est la règle de l'unité de temps. Elle doit aussi se dérouler en un seul lieu, dans un décor unique : c'est la règle de l'unité de lieu. Elle doit également ne traiter qu'une seule intrigue (pour capter l'attention du spectateur) : c'est la règle de l'unité d'action. La règle de la vraisemblanceL'intrigue et la situation d'énonciation doivent être possibles. Aucun rebondissement extraordinaire ni réaction fantaisiste ne sont autorisés. Au 17ème, les deux valeurs fondamentales sont « l'ordre » et « la raison » (= le bon sens). La règle de la bienséanceLe dramaturge ne peut pas montrer de scènes choquantes aux spectateurs (qui sont souvent issus de la haute noblesse et vivent à la cour du roi). Ainsi les événements violents (batailles, meurtres, suicides...) peuvent exister dans la pièce mais ne seront pas joués sur scène. Ils seront par exemple racontés par un personnage qui y a assisté.
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#Posté le mardi 17 mai 2011 12:22

Les règles de la tragédie et leur rôles.

« La principale règle est de plaire et de toucher. » Racine«
"La tragédie doit exciter de la pitié et de la crainte. » Corneille

Dans sa citation, Corneille fait référence à la formule d'Aristote qui dans la Poétique définissait la tragédie comme « l'imitation d'une action noble et complète [...] faite par des personnages en action et non au moyen d'un récit et qui, suscitant pitié et crainte opère la purgation de ce genre d'émotions. ». La citation de Racine se veut polémique : il entend rappeler aux critiques qui lui reprochent son irrespect des règles traditionnelles la principale motivation qui a contribué à leur apparition. Pour lui, elles ne doivent pas devenir des carcans, et surtout il n'admet pas qu'elles puissent être absolues, ou considérées comme des recettes infaillibles. Les commentateurs ont souvent opposé le théâtre de Racine à celui de Corneille, mais, au-delà des différences, nombreuses il est vrai, les deux dramaturges ont dû à chaque fois être confronté et réfléchir sur leur art et ses contraintes, tout en affrontant des rivaux jaloux qui se basaient sur de tels critères pour attaquer leurs pièces. Les deux citations peuvent donner l'impression d'illustrer l'opposition des deux auteurs classiques, mais il est aussi nécessaire dans un premier temps de montrer qu'elles peuvent aussi recouvrir un objectif commun. Car la citation de Corneille peut aussi être lue comme un rappel, comme un retour à l'origine, de sorte qu'il sous-entend que toutes les règles venues se greffer par la suite, n'ont été érigées que pour servir le but initial, et ne sauraient être considérées comme incontournables. Racine ne dit pas autre chose. Une autre façon de rapprocher les deux citations est de montrer qu'exciter la pitié et la crainte est aussi une manière de plaire et de toucher le public. Chez Aristote, la catharsis explique le plaisir de l'auditeur à l'écoute du récit tragique. Il vit les émotions des protagonistes par procuration en quelque sorte, en s'identifiant aux personnages. La représentation des passions sur la scène lui permet de les éprouver, sans l'aspect destructeur qu'elles peuvent avoir dans la réalité. Pour Aristote, le spectateur se purge au sens médical en assistant à la violence et la souffrance évoquée dans la pièce. Corneille, avec sa citation, s'inscrit donc très exactement dans cette lignée. La valeur du théâtre est non seulement thérapeutique et purificatrice, mais également possède une portée morale : la peinture des caractères permet d'accéder à une meilleure connaissance de l'être humain et peut contribuer l'auditeur à ne pas imiter certaines actions. Racine, lui aussi, travaille aussi dans ce sens : il précise par exemple, dans la préface de Phèdre, qu'il a pris soin de ne pas donner à son héroïne les traits monstrueux qu'on trouvait dans les versions précédentes, de manière à rendre son malheur plus touchant. Les deux auteurs ont tout deux suscité des controverses à cause des libertés qu'ils ont su prendre avec les règles communément admises et les bienséances. Depuis Aristote, de nombreux auteurs ont tenté de théoriser l'art du théâtre et, en étudiant les chefs d'œuvres des dramaturges illustres, d'en dégager certaines règles, certaines constantes. La tentation d'en faire des critères implacables de jugement a souvent contribué à aveugler les contemporains sur la qualité des pièces qui leur était proposés. C'est que le génie est souvent l'art de s'affranchir des normes antérieures, d'en créer de nouvelles, loin de la stricte imitation des Anciens. Guez de Balzac dira d'ailleurs à ce sujet au moment de la querelle du Cid que Corneille « a un secret qui a mieux réussi que l'art même ». On peut enfin s'interroger, comme nous le verrons plus loin, sur la pertinence de la principale règle que Racine assigne à la tragédie, celle de plaire et de toucher, mais il n'en est pas moins vrai que tout écrivain, de théâtre ou d'autres, de manière avouée ou non, cherche à conquérir le plus grand nombre d'auditeurs ou de lecteurs. C'est l'une des grandes satisfactions qu'une pièce peut procurer à son auteur, et Corneille, après avoir goûté la gloire, a sans aucun doute été meurtri par les critiques, au point qu'il faudra attendre trois ans après le Cid pour le voir donner de nouveaux chefs d'œuvre.
Il faut cependant tout de suite relativiser les deux citations, qui, sorties de leur contexte, ne sauraient être interprétées trop littéralement, car cela ne reflèterait sans doute pas la véritable pensée de leurs auteurs. Aucun d'entre eux n'a prôné un affranchissement absolu des règles, ni une totale liberté de l'écrivain. Eux-mêmes se sont souvent pliés de bonne grâce aux contraintes classiques du théâtre, notamment les règles des trois unités, et ainsi que celle de bienséance. Leurs œuvres, chacune à leur manière, montrent que (attention pensée profonde qui va être commentée pendant les siècles futurs par tous les collégiens et les lycéens de la planète) le talent est le don de s'appuyer sur les règles plutôt que de les subir. Même si Racine est celui qui les respecte le plus ces règles, Corneille a toujours eu le souci de justifier ces choix. Dans son « Discours des trois unités », il soutient l'unité d'action n'est pas remise en cause par des péripéties secondaires, et la redéfinit comme une unité de péril. Il modifiera néanmoins sa pièce du Cid quelques années plus tard pour tenir compte des remarques de l'Académie. La citation de Racine est d'autant plus étonnante qu'elle provient du plus pur représentant du classicisme. Très à l'aise dans le cadre étroit de la tragédie classique, il n'a pas beaucoup de peine à se plier à ses exigences. Il se moque même de Corneille sans le nommer pour le nombre des incidents qui dans la réalité ne pourrait survenir que dans un délai plus long. Chez Racine au contraire, les règles servent magnifiquement l'art de la tragédie, puisque l'action est tout entière concentrée sur une crise qui peut logiquement éclater et se résoudre en quelques heures; mais ces quelques heures suffisent à décider de toute une vie, de toute une destinée. Néanmoins, cela n'empêche pas Racine de commettre lui-même quelques entorses aux règles, lorsqu'il l'estime nécessaire. Le meilleur exemple en est la mort de Phèdre qui heurte la bienséance et la morale, puisqu'au lieu d'être rapportée elle se produit sur scène. Ainsi, les deux citations cachent de profondes divergences entre les deux auteurs. Une autre différence majeure se trouve dans l'application du principe de vraisemblance. Corneille, tout en respectant la vérité des faits, privilégie l'extraordinaire, donc l'invraisemblable. Racine, lui, préfère le vraisemblable à la vérité. Il n'hésite pas à l'infidélité par rapport à ses sources pourvu que cela confère plus de vraisemblance à sa peinture. Il recherche également un certain dépouillement, qui favorise la simplicité et l'unité d'action, ainsi qu'une certaine netteté des situations. Corneille excelle dans l'art dramatique, l'invention, les rebondissements. Aussi se ressent-il les contraintes comme moins confortables. C'est pourquoi également qu'il est important pour lui de mettre l'accent, comme dans la citation, sur les émotions que peut éprouver le public. Il s'agit en effet de faire vibrer le spectateur, en jouant sur les sentiments les plus forts et les plus susceptibles de conflit, par exemple l'amour et l'honneur. Cependant, l'affirmation selon laquelle « la tragédie doit exciter la pitié et la crainte » doit aussitôt être complétée car cela ne saurait suffire à définir le chef d'œuvre, l'émotion subjective de l'auditoire ne pouvant constituer à elle seule la mesure de la qualité d'une pièce, sinon les romans à l'eau de rose entreraient dans cette catégorie. Il doit être tempéré par des considérations plus générales de style ou par exemple d'économie de moyens.De la même manière, le plaisir du public, évoqué par Racine, n'est pas plus légitime et ne peut constituer la seule base du jugement d'une pièce. La preuve en est que beaucoup de chefs d'œuvre ont été incompris, ou du moins très critiqués, par leur contemporains. Le succès d'un ouvrage ne dépend pas toujours de sa qualité. 
L'évolution de la tragédie a donné raison à ceux qui ne se cramponnaient pas à une application rigide des règles. La confrontation avec d'autres pratiques du théâtre, comme celle de Shakespeare, ou bien des dramaturges allemands a fait voler en éclat l'ancienne conception. Victor Hugo démontrera de manière magistrale dans sa Préface de Cromwell, que les règles classiques allaient à l'encontre même de la raison pour laquelle elles avaient été instaurées, c'est-à-dire principalement la vraisemblance, même s'il épargne d'une certaine manière l'unité d'action. Il s'attaque à l'unité de lieu, qui oblige à des contorsions embarrassées et souvent invraisemblables, ainsi qu'à l'unité de temps, qui contraint les auteurs à faire tenir les actions et l'évolution psychologique de leurs personnages en moins d'une journée. Pour respecter l'unité de temps, Corneille impose à son héros une journée « marathon ». Rodrigue doit se battre deux fois en duel, mener une armée à l'assaut contre les Maures, avoir des entrevues tendues et pathétiques à l'extrême avec son père, son roi et la femme qu'il aime, et tout cela en moins de vingt-quatre heuresConvaincu de la nécessité de plaire au public contemporain, le drame romantique parvient à renouveler le théâtre par le choix de sujets originaux, puisé dans d'autres sources que l'antiquité. Il préconise le mélange des genres, comme chez Shakespeare. Il est étonnant de remarquer d'ailleurs que Corneille avait anticipé ces deux mouvements, le Cid par exemple, étant d'inspiration espagnol, tout en étant une tragi-comédie. Mais Racine en est aussi précurseur, romantique à sa manière, puisqu'il donne à ses compatriotes la tragédie qui correspond à leurs mœurs, comme le réclame le romanticisme, qui voulait s'adapter aux habitudes et croyances courantes. Il s'agit que le théâtre soit plus proche de la vie et reflète la totalité du monde aussi bien dans ce qu'il a de grandeur et de noblesse que dans ce qu'il a de commun et de vulgaire.
Les affirmations de Racine et de Corneille, loin de s'opposer, recouvrent en partie une même idée. Elles ne sont en rien une remise en cause absolue des règles jusqu'alors établies. Elles sont la marque de la nécessité pour l'artiste de trouver sa propre voie, pour exprimer au mieux toutes ses capacités. Elles préparent surtout aux futures formules qui verront le jour notamment au début du XIXème siècle.
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#Posté le mardi 17 mai 2011 12:23

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